Centre d'Éducation Biocentrique de La Rochelle
Centre d'Éducation Biocentrique de La Rochelle

L'Éducation biocentrique

L'Éducation Biocentrique signifie mettre au centre le Vivant (bios) pour mieux respecter toute forme de vie. Mettre le Vivant au centre, invite chacun à se questionner, au sens premier du biologique : 

“En quoi et comment je peux générer plus de Vie dans ma vie ?” ou "Comment suis-je vivant et humain dans ce que je suis (identité, comportements, relations, vocation…) dans ce que je choisis, et dans mes actes ?".

 

Ceci fédère tous ceux et celles qui savent qu’une transformation sociale passe d’abord par une transformation personnelle. Cela participe à construire ce projet de société replaçant l'Humanisme et la préservation de la Terre au cœur de leurs actions.

Cette démarche éducative est dispensée au Brésil en Université, elle est implantée dans les écoles, les centres de réinsertion sociale en Amérique Latine. Elle est soutenue et financée par les collectivités, les institutions et le gouvernement pour lutter contre l’accroissement et la banalisation des violences, des maltraitances, des discriminations…  

Face aux dérives éducatives et sociales centrées essentiellement sur le savoir, la dépendance, la logique et l’adaptation aux besoins de l’économie, la pédagogie  biocentrique se recentre non pas sur des programmes mais sur les processus vivants renforçant des apprentissages durables ayant comme intention “d’Apprendre à Vivre, à être vivant”. Elle développe la partie oubliée de l’éducation, cette bienveillance générant la bientraitance, cette aptitude innée “à prendre soin”, c'est à dire l'affectivité. Elle renoue avec la pédagogie au sens ontologique, en apportant les conditions idéales à l’apprentissage du vivant pour la vie, sans faire à la place de l’autre. Elle facilite la création de liens et la reliance exposée par Edgar Morin. Les apprentissages vivants (savoir être, savoir vivre, savoir être en lien…) s’actualisent et se potentialisent  s’exportant ainsi à des situations de la vie. 

 

L'ambition de l'Éducation Biocentrique

 

Elle est de réhabiliter les relations et les pédagogies en lien avec la vie, la bienveillance et la joie, de les intégrer et de les vivre à l'école, à la maison, au travail et au sein de tout groupe, pour que chaque membre permette aux autres de déployer leurs richesses et d'actualiser leurs potentiels.

Elle stimule l'intelligence affective pour renouer avec une écologie humaine de la relation et avec les bases fondatrices de l’existence.

Le corps et le mouvement y sont considérés comme les premières sources d’apprentissage.

 

 

Enrichir les possibles

En renforçant l’identité de chacun et l’ouverture au monde par les cinq sens, l’éducation biocentrique se met au service de la créativité individuelle et collective ; elle permet d’épanouir le rapport à l’autre ainsi qu’à la nature et de développer la conscience éthique.

En passant par un ressourcement personnel nous développerons notre capacité à concevoir des outils opérationnels pour aller vers le mieux vivre ensemble dont notre société a un urgent besoin.

 

Références - Rolando Toro, Edgar Morin, Paolo Freire…

Rolando Toro - © Valu Ribeiro

“Le principe biocentrique s’inspire d’un univers organisé en fonction de la vie et consiste en une proposition de reformulation de nos valeurs culturelles, qui prend comme référence le respect de la vie.”

 

“L’éducation doit être représentée dans ses objectifs les plus profonds. L’Éducation Biocentrique n’a pas comme priorité la formation intellectuelle ou technologique, mais le développement de règles internes pour vivre et non plus survivre. Aussi il est indispensable de stimuler à la base les potentiels génétiques qui constituent la structure de base de l’identité, participant à actualiser les ressources vitales nécessaires à l’existence.” 

 

L’affectivité est l’expression de l’identité. Cette affirmation est la base théorique de notre conception de l’affectivité. Les personnes qui ont une identité faible sont incapables d’aimer; ils ont peur de la différence, leurs liens avec les autres sont défensifs. 

 

 

Edgar Morin - © Hervé Ternisien

“Le but de l'école est d'aider à apprendre à vivre. Certains enseignements ne font pas partie des disciplines, mais permettent de les intégrer. Qu'est-ce qu'être humain ? [...] À mon sens, connaître notre nature humaine est donc essentiel” Dialogue sur la connaissance - Édition de l'aube, 2002 - Parrain du 1er Congrès d’éducation Biocentrique en 2011 - Nantes.

 

“Attaquons-nous à accompagner les peurs énormes autour de l’avènement et la construction de l’affectivité partout et des bienfaits et évolutions qu’elle génère.” Les 7 savoirs nécessaires à l'éducation du futur - Seuil 2000

 

Paolo Freire - © D.R.

Paolo Freire (1921-1997), pédagogue brésilien, praticien et théoricien, philosophe de l’éducation populaire et universitaire, est internationalement reconnu, en particulier pour ses travaux sur l’alphabétisation et son engagement pratique dans la lutte contre l’oppression par l’éducation, tant au Brésil que de par le monde.

 

Il est né dans l’une des régions les plus défavorisées du Brésil, le Nordeste, et a rapidement pris conscience de la misère et de l’exclusion sociale dont souffre une large tranche de la population. C’est ce qui l’a conduit très tôt à un engagement social au sein d’organismes syndicaux et de différentes structures auxquelles il a participé: structures universitaires, municipales, paroissiales, d’éducation populaire, etc, au sein desquelles il a peu à peu élaboré sa conception de l’alphabétisation émancipatrice du peuple. Sa première épouse, une institutrice décédée quelques années avant lui, l’avait rapidement incité à se pencher sur les questions éducatives et c’est ce qui l’occupa le reste de sa vie.

En éducation biocentrique, nous nous appuyons sur la notion d’éducation dialogique qu’il a développé. Dans les formations et ateliers d’éducation biocentrique, la mission du formateur ou de l’animateur est de créer les conditions optimales pour que se libère la parole « vraie et juste » car “Face à la « culture du silence » intégrée par les opprimés, la réponse de Freire est centrée sur la notion de « dialogue », c’est à dire la parole en action, la parole authentique qui « transforme le monde » au moment où elle dit ce qui était tu. Loin du verbiage, parole sans action, à la fois aliénée et aliénante, le dialogue sincère et véritable est déjà une libération. C’est donc les conditions de ce dialogue qu’il faut rechercher et faire émerger.”

 

(La pédagogie des opprimés de Paulo Freire N’AUTRE école / n° 12, printemps 2006). Dans les formations et ateliers d’éducation biocentrique, la mission du formateur ou de l’animateur est donc de créer les conditions optimales pour que se libère la parole « vraie et juste ».